Forêt (série)

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Peinture à l’huile et acrylique sur toile de lin, encadrement- 2018 - 2020

La toile, c’est le rapport à la trame (de l’Histoire), qui suggère une succession de strates. C’est également le support autorisant la mobilité de la peinture, à mi-chemin entre les fresques, qui restaient à demeure, et les tapisseries, qui furent les premières œuvres picturales itinérantes. 

Certains tableaux sont la superposition de plusieurs œuvres dont nous ne pouvions admirer, jusqu’à récemment, que la couche picturale la plus récente, la ou les couche(s) antérieure(s) ayant été recouverte(s). Ceux-là abritent donc des images fantôme, invisibles mais bien présentes. Les nouvelles technologies permettent paradoxalement de dévoiler ces couches antérieures, et autorisent la cohabitation entre différentes temporalités. 

Les Forêts proposent une réflexion sur l’évolution des œuvres d’art dans le temps, dans leur forme et leur réception. Elles représentent l’écrasement, la superposition et la révélation de trois états de toiles fictives : - la première strate (en bleu - «blueprint»), présenterait une toile vue aux rayons x ; - la deuxième strate est constituée d’une tapisserie en « verdure » qui aurait été tissée sur la toile peinte ; - la troisième strate est celle, contemporaine, qui après gommage numérique, révélerait en partie la strate primitive et la ferait cohabiter avec la deuxième strate, créant une tierce image picturale, à mi-chemin entre présence et absence. 

Ainsi le présent est-il figuré par la matérialisation concrète d’une coexistence a priori impossible.